Le Rapport ITIE-Togo 2023, un document de 172 pages présentant des analyses et recommandations sur la gestion des ressources extractives du Togo en 2023, est mis à la disposition du public ce mardi 30 décembre 2025.
Le secteur extractif togolais a enregistré un montant de 124,25 milliards de francs CFA en 2023 contre seulement 19 milliards en 2022, soit une hausse de 553,80 %. Ce bond spectaculaire, concentré dans le secteur des mines et carrières, ne reflète pas une évolution de la production, selon l’Administrateur indépendant, le Cabinet Enerteam, qui souligne que cette augmentation s’explique principalement par des opérations de compensation entre créances et dettes de la SNPT, pour un montant total de 102,99 milliards de FCFA, intégrées dans le présent rapport.
Bien que représentant 1,1 % du PIB, le secteur extractif est crucial pour les exportations et les recettes publiques. Le PIB est estimé à 5 563 milliards de FCFA en 2023, en croissance de 9 % par rapport à 2022. Le secteur extractif contribue à 15,6 % des exportations et 10,9 % des recettes publiques. Il est principalement structuré autour de l’exploitation des phosphates, avec la SNPT comme acteur central. En 2023, les revenus budgétaires s’élèvent à 119 406,40 millions de FCFA.
Aux côtés des régies financières et agences gouvernementales perceptrices des revenus, y compris les Communes des zones minières, quatorze entreprises ont été retenues dans le périmètre de déclaration des données, mais la SNPT et SCANTOGO MINES représentent plus de 97 % des contributions totales. Les recettes proviennent principalement des impôts sur les sociétés et des droits douaniers. Le rapport évalue l’exhaustivité et la fiabilité des données déclarées. 97,58 % des revenus du secteur extractif ont été rapprochés, mais un écart de 6 160,59 millions de FCFA a été constaté. De plus, le constat est fait d’une absence de certification par la Cour des comptes en même temps que des écarts significatifs au-delà du seuil de tolérance.
Le rapport met en lumière plusieurs défis de gouvernance dans le secteur extractif. Il s’agit de la concentration des recettes autour de quelques entreprises, augmentant la vulnérabilité des finances publiques, des problèmes de traçabilité des flux financiers, notamment pour l’or et de la nécessité d’une approche intégrée pour analyser les recettes et les compensations. Le rapport ITIE est un outil précieux pour le dialogue public et la réforme du secteur extractif. Il met en avant l’importance d’améliorer la qualité des données et la transparence budgétaire et recommande l’utilisation des données ITIE pour éclairer les décisions publiques. La plupart des recommandations visent à renforcer la transparence et l’exhaustivité des données et insistent sur l’importance d’un rapprochement systématique entre les entités concernées pour harmoniser les données.